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Mardi 20 décembre 2005





        Noël est arrivé un ptit peu en avance : ma jolie maman m’a envoyé un colis. Et pas un colis de fillette, non-non, un bon gros-qui-pèse et qui rentabilise les Prets-à-poster. Rentrée tôt chez moi, un avis de passage du facteur m’attendait, sagement coincé dans la boîte aux lettres. A peine sortie de la voiture que j’y remontais déjà, le coeur battant, direction la poste du coin. Mon enthousiasme est depuis toujours grand à l’idée de recevoir du courrier, encore plus un paquet, et ce symptome s’est encore aggravé depuis que je vis à l’étranger. J’imagine que çà tient à l’idée réconfortante que ceux qui sont loin pensent quand meme à moi...et ça fait tellement de bien de savoir qu’on est pas oublié malgré les kilomètres.

        J’ai saisi l’occasion pour envoyer un ptit kekchose à mes parents et ai donc recuperé la bête.

      Aprés quelques minutes dans la voiture, mais qu’est-ce donc ? Quelle est cette sensation étrange et familière à la fois ? N’est-ce pas là un fumet délicat qui vient chatouiller mes narines froidies par le vent des montagnes ? Voilà donc identifiée une partie du colis : mon nez de détective, qui est essentiellement détective "rayon crèmerie", ne me trompe pas, ça sent le fromage, le vrai qui pue, le vrai qui coule. Bonheur, joie !

 

        Emportée par une énergie nouvelle, je grimpe quatre à quatre les escaliers, ouvre la porte, et d’un geste rapide et précis, ouvre la source de mes futurs délis gastronomiques !...Je ne crois pas si bien dire, c’est la débauche alimentaire à l’interieur du paquet : je repère les (quatre) fromages, les renifle de contentement avant de les déposer delicatement dans le frigo, mais d’autres delices m’attendent. Pâtes de fruits, chocolats et marrons glacés sont sagement alignés au fond de la boîte, joliment emballés dans leur beau papier brun et leurs rubans orange ! Je suis toute émue !

        Je ne suis pas une grande dévoreuse de sucrerie (à part le chocolat...mais le chocolat, c’est thérapeutique, hein, on va dire ça), mais retrouver des choses de « chez moi », des goÛts un peu oubliés, fait plaisir, fait du bien, fait chaud au coeur, surtout à l'approche des fêtes.

      Tous les ans, à cette periode de l’année, ma maman (chérie-jolie) s’enquiert au telephone de « ce qui me ferait plaisir ». Elle insiste, ne se contente pas d’un non ou d’un vague « ché pas trop » ; au moins cette période de l’année, elle ne lachera pas le morceau pour me faire plaisir, pour que ce soit un peu plus les fêtes pour moi. Son plaisir de me faire plaisir est palpable et...je ne peux pas le dire autrement...rajoute à mon plaisir, et ressemble au mien quand je la tanne pour savoir ce qu’elle veut pour son anniversaire, Noël ou n’importe quelle date que j’aurais decidée (arbitrairement, parce que des fois, il n’y a pas de raison particuliere pour faire plaisir).


Le marron glacé de ce confiseur que j'aime tant...mm, quel délice !
Une maman qui pense à m'envoyer des douceurs, de la douceur à des milliers de kilomètres...encore meilleur... !

Par Mathilde - Publié dans : Quotidien(s)
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Lundi 19 décembre 2005




Lui est fonctionnaire dans une mairie du coin, elle est professeur d’anglais.

Un couple d’âge moyen, parfaitement « ordinaire ».

Mais les apparences sont parfois trompeuses, elles dissimulent souvent plus que l’on croit.

Ces deux-là sont des passionnés.

Des passionnés de musique, de rythme, de jazz.

Et pas des passionnés de salon. Eux ont choisi d’aller plus loin, de participer à leur passion, de la faire vivre au quotidien.

        J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’assister à la métamorphose, mais celle qui me laisse la plus forte impression remonte à plus d’un an. En mai 2004.

 

        Ils se produisaient déjà dans de petits bars ou des live-houses, parfois l’aprés-midi dans des cafés et avaient déjà à leur actif un premier album auto-produit. Et les voilà qui se préparaient à renouveller l’aventure. Après avoir économisé les fonds nécessaires et poli leur art respectif, ils avaient loué le hall de concert de la ville, recruté un pianiste et allaient enregistrer leur deuxième opus.

        Lui et moi avions été appelés pour faire les photos qui serviraient à la pochette de l’album, pendant les répétitions précédant l’enregistrement. Je me souviens de partir ce matin-là l’appréhension au ventre et l’Olympus en main !

        Elle n’a pas dormi, livide de trac, elle fait des allers-retours entre la scène et la sortie, le piano et le micro, vient nous saluer mais le coeur n’y est pas. Elle repart prendre un peu d’eau.

        Lui s’occupe des derniers réglages, fixe sa guitare, répète les mêmes accords...et vient demander qu’on ne le prenne pas en photo, même pour la pochette, non, il préfère rester invisible. Lui, le grand timide.

La répétition commence et, avec les premières notes, tombent les masques du quotidien.


        Elle, dont on sent qu’elle abrite quelques démons anciens, pleine de nervosité, nouée dans ses attitudes et ses mots, la voilà quasiment autre, comme dépliée et délivrée d’elle-même. Plus de tremblements dans sa voix ni d’hésitations dans son regard. Debout, grandie, elle chante et son corps s’anime des mots qu’elle fait vivre.

        Lui, dont la douceur et la timidité frappent au premier abord, n’est plus que force vive, déborde de l’assurance de celui qui sait où il va.

La musique les fait vivre ... à moins que ce ne soit le contraire, que ce soit eux qui la fassent vivre.


Et moi, je les admire.

        Leur talent, bien sur, mais plus encore la force de leur passion, la sincérité qu’ils dégagent, leur choix de faire partie du voyage. Témoin de leur transformation...à moins que ce ne soit qu’un retour à eux-mêmes, au fond... j’absorbe l’énergie qui s’échappe de leur instrument respectif, de sa voix et de sa guitare. La musique – leur musique -  me traverse et, par je ne sais quelle chimie, je me sens plus légère...et pour forcer le trait, mais vraiment à peine, même un peu plus vivante.

         Alors quand une de leur représentation s’annonce, je réserve ma soirée pour la passer en    musique et c’est justement ce que j’ai fait hier soir. Mis de côté recherche, traductions et soucis en tout genre, la soirée est à moi (et un peu à lui, quand même !), parenthèse tranquille, au grés des notes.

        Deux heures plus tard, encore bercée par les mots parfois désuets des standards du jazz, comme nourrie par la force de cette voix et cette guitare (et hier soir, de cette basse), je repars le pas léger vers mon quotidien.


Spain résonne encore dans mes oreilles. Ce morceau me remue à chaque fois.

 

Par Mathilde - Publié dans : Un ptit air
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