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Mercredi 28 décembre 2005












Parce qu’un ptit bilan, parfois, ne fait pas de mal.
Parce qu’il permet, parfois, de faire mieux la prochaine fois.
2005, looooongue année.
Riche année et année vide.

Année de convalescence et de digestion de 2004 ? Peut-être, oui.

(suite)

En parallèle, je perds les dix kilos pris à la fin de l’année précédente. J’ai rencontré au cours de mon séjour en France un docteur qui m’a gentiment mais fermement expliqué, en substance, ce qu’est un trouble alimentaire, que oui-c’est une souffrance, mais que oui-on peut décider de s’en sortir. Ouaaaaaaaah ! me suis-je ébahie de surprise et d’enthousiasme devant la nouvelle (sèrieusement...trés fort ce docteur, trés fort). Il me conseille deux bouquins, que je dévore en me retrouvant un peu à chaque chapître, et mon poids décroit, décroit, décroit. Je contrôle ce que je mange et je le fais avec plaisir malgré la difficulté, avec la sensation de me prendre en main de façon trés concrête. Expèrience trés valorisante, mais pas seulement. Ma façon de penser l’alimentation et le trouble alimentaire a changé, j’ai beaucoup appris...même si je sais que la route sera longue.

C’est rechargée à bloc que je quitte le sol français.
 

L’été est tres chaud et semble ne pas vouloir finir, rythmé qu’il est par l’écriture du deuxième chapître. Je croyais que l’expèrience du premier rendrait la suite plus aisée, mais apparemment non...enfin un peu, si, quand même.

Et puis la saison se prolonge, s’éternise. Les arbres tardent à prendre les couleurs fauves de l’automne. L’été a t’il duré trop longtemps ? Je commence à perdre mes forces, à m’essouffler. Ma déjà faible confiance en moi atteint des strates souterraines inconnues à ce jour, un nouveau degré de non-confiance en moi. C’est presque transparente, inexistante que je regarde virevoleter les toutes premières feuilles jaunies...et que j’envoie le deuxième chapître...sur lequel j’attends encore un quelconque feedback, mais il est désormais clair que les échéances établies avec mon directeur en juin ne seront pas respectées. J’ai effectivement du retard, mais lui ne me répond pas, purement et simplement.

Question alimentation, aprés trois mois de maitrise, parfois approximative, c’est l’anarchie qui revient au galot, reprend du terrain et finit par remporter victoire sur victoire. Je ne contrôle plus rien, les crises de boulimie sont quotidiennes. Et puis un jour, au cours de la conversation, presque négligemment-l’air de rien, je lache ce qui pour moi est une bombe – les crises de boulimie – a mon lui. Il est surpris mais m’écoute attentivement, me pose des questions, essaie de comprendre quand, comment, quelle quantité. On parle, je mets des mots sur ces comportements qui polluent la vie, et lui les accueille. C’est la première fois que je pose moi-même cette réalité au grand jour, et à travers les mots donnés à l’autre, elle devient plus concrête, plus palpable, et m’apparait désormais plus maitrisable. Je ressors de cette soirée avec l’impression d’avoir fait mon coming-out, soulagée et un peu inquiète à la fois.
L’inquiétude va se justifier quelques jours plus tard, quand lui va commencer à vouloir me surveiller. Plein de bonne volonté et de curiosité, il a emprunté quasiment tous les livres sur le sujet à la bibliothèque. Il est désormais paré de nouvelles connaissances, essentiellement sur l’anorexie, mais un trouble alimentaire est un trouble alimentaire, et semble mieux comprendre le contenu de ma « révélation ». Ces quelques jours de recherche passés, mine de rien, il hésite à me laisser seule, veut m’accompagner ici ou là. Je comprends son désir de m’aider, de devenir lui-même une solution, de contrôler pour moi, et je suis heureuse de sa préoccupation et plus encore du fait qu’il ne juge pas, mais je n’attends pas de lui qu’il devienne mon chaperon alimentaire, et surtout pas me sentir surveiller et infantiliser. C’est tout le contraire de ma demarche. Je lui explique tout ça et conviens de lui dire désormais à chaque fois que je ferai une boulimie. On est d’accord.


(à suivre)

 

Par Mathilde - Publié dans : Quotidien(s)
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Mardi 27 décembre 2005











Parce qu’un ptit bilan, parfois, ne fait pas de mal.
Parce qu’il permet, parfois, de faire mieux la prochaine fois.
2005, looooongue année.
Riche année et, paradoxalement, année vide.
Année de convalescence et de digestion de 2004 ? Peut-être, oui.

 

Le premier trimestre, je me remets doucement de mon abime de fin 2004. 
Je commence tout juste à respirer à nouveau et la sensation est agréable.

   La réalité est quand même là : j’ai trois années de recherche à concrétiser et le passage à l’écriture est loin d’être mon fort. L’enfantement se fait dans la douleur, au propre comme au figuré. Chaque mot est arraché et rien ne vient spontanément, rien ne coule librement de ma plume. C’est la pure force du poignet (sans jeu de mot, hein) qui donne naissance à chaque ligne. Une vraie torture.


    On parle de l’angoisse de la page blanche ou de la paralysie de l’écrivain et «tout le monde » ou presque m’avait plus ou moins averti de ce curieux phénomène, dont je ne pensais pas grand chose avant d’y être confrontée. Tant bien que mal toutefois, le premier chapître prend forme, et le resultat, je le sais, est trop dense, trop « information pure » et aura besoin d’être repris, remodelé et refondu pour etre réellement lisible. Je l’envoie tout de même à mon directeur de recherche pour avoir son avis sur le fond et ses éventuels conseils.


    Un, deux, trois mois passent sans réponse, et c’est seulement ma venue en France qui motivera le monsieur à jeter un oeil à mon travail. Il me faudra  parcourir quelques milliers de kilometres pour réaliser que sa lecture n’a été que diagonale et que du coup, ses conseils sont ne sont qu’approximatifs, plus que vagues. Trois mois d’attente et de relances, d’appréhension aussi...déception vis à vis de cet homme dont je respecte le travail. Et culpabilité, hein, parce que sans, c’est pas drôle : je finis par penser que ma recherche ne vaut pas la peine puisque même mon directeur ne se donne pas la peine de le lire avec attention et de me proposer un avis concret. (vi-vi, je sais, le monde de la recherche n’est pas un univers de perfection, mélant effervescence des connaissances et volonté de partage du Savoir en vue d’une amélioration globale de l’humanité...je sais tout ça...mais quand même, y’a un minimum syndical...non ?)

(à suivre...)

 

Par Mathilde - Publié dans : Quotidien(s)
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