Un peu de tant ...
| Novembre 2009 | ||||||||||
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Parce qu’un ptit bilan, parfois, ne fait pas de mal.
Parce qu’il permet, parfois, de faire mieux la prochaine fois.
2005, looooongue année.
Riche année et année vide.
Année de convalescence et de digestion de 2004 ? Peut-être, oui.
(suite)
En parallèle, je perds les dix kilos pris à la fin de l’année précédente. J’ai rencontré au cours de mon séjour en France un docteur qui m’a gentiment mais fermement expliqué, en substance, ce qu’est un trouble alimentaire, que oui-c’est une souffrance, mais que oui-on peut décider de s’en sortir. Ouaaaaaaaah ! me suis-je ébahie de surprise et d’enthousiasme devant la nouvelle (sèrieusement...trés fort ce docteur, trés fort). Il me conseille deux bouquins, que je dévore en me retrouvant un peu à chaque chapître, et mon poids décroit, décroit, décroit. Je contrôle ce que je mange et je le fais avec plaisir malgré la difficulté, avec la sensation de me prendre en main de façon trés concrête. Expèrience trés valorisante, mais pas seulement. Ma façon de penser l’alimentation et le trouble alimentaire a changé, j’ai beaucoup appris...même si je sais que la route sera longue.
C’est rechargée à bloc que je quitte le sol français.
L’été est tres chaud et semble ne pas vouloir finir, rythmé qu’il est par l’écriture du deuxième chapître. Je croyais que l’expèrience du premier rendrait la suite plus aisée, mais apparemment non...enfin un peu, si, quand même.
Et puis la saison se prolonge, s’éternise. Les arbres tardent à prendre les couleurs fauves de l’automne. L’été a t’il duré trop longtemps ? Je commence à perdre mes forces, à m’essouffler. Ma déjà faible confiance en moi atteint des strates souterraines inconnues à ce jour, un nouveau degré de non-confiance en moi. C’est presque transparente, inexistante que je regarde virevoleter les toutes premières feuilles jaunies...et que j’envoie le deuxième chapître...sur lequel j’attends encore un quelconque feedback, mais il est désormais clair que les échéances établies avec mon directeur en juin ne seront pas respectées. J’ai effectivement du retard, mais lui ne me répond pas, purement et simplement.
Question alimentation, aprés trois mois de maitrise, parfois approximative, c’est l’anarchie qui revient au galot, reprend du terrain et finit par remporter victoire sur victoire. Je ne contrôle plus rien, les crises de boulimie sont quotidiennes. Et puis un jour, au cours de la conversation, presque négligemment-l’air de rien, je lache ce qui pour moi est une bombe – les crises de boulimie – a mon lui. Il est surpris mais m’écoute attentivement, me pose des questions, essaie de comprendre quand, comment, quelle quantité. On parle, je mets des mots sur ces comportements qui polluent la vie, et lui les accueille. C’est la première fois que je pose moi-même cette réalité au grand jour, et à travers les mots donnés à l’autre, elle devient plus concrête, plus palpable, et m’apparait désormais plus maitrisable. Je ressors de cette soirée avec l’impression d’avoir fait mon coming-out, soulagée et un peu inquiète à la fois.
L’inquiétude va se justifier quelques jours plus tard, quand lui va commencer à vouloir me surveiller. Plein de bonne volonté et de curiosité, il a emprunté quasiment tous les livres sur le sujet à la bibliothèque. Il est désormais paré de nouvelles connaissances, essentiellement sur l’anorexie, mais un trouble alimentaire est un trouble alimentaire, et semble mieux comprendre le contenu de ma « révélation ». Ces quelques jours de recherche passés, mine de rien, il hésite à me laisser seule, veut m’accompagner ici ou là. Je comprends son désir de m’aider, de devenir lui-même une solution, de contrôler pour moi, et je suis heureuse de sa préoccupation et plus encore du fait qu’il ne juge pas, mais je n’attends pas de lui qu’il devienne mon chaperon alimentaire, et surtout pas me sentir surveiller et infantiliser. C’est tout le contraire de ma demarche. Je lui explique tout ça et conviens de lui dire désormais à chaque fois que je ferai une boulimie. On est d’accord.
(à suivre)