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Plaies et bosses ou l'agilité ignorée

Samedi 17 décembre 2005





Alors voilà, il faut le dire, j’ai beau être trés habile en matière de travaux minutieux, ma coordination globale laisse clairement à désirer.
 

    Remarquez, ce charmant détail offre une source de divertissement non négligeable à mon entourage, qui m’en est, du coup, reconnaissante. Ce ne serait donc pas si terrible...sauf que parfois...non, il vaut mieux utiliser un exemple, le dernier en date, remontant à à peine plus d’une semaine, presque un classique du genre :

        Une belle journée d’hiver a commencé, le coeur leger, je grimpe dans la voiture, pose mon sac sur le siège passager, enclenche la musique, et c’est en chantant à tue-tête que j’entame la route. Aucun problème jusque là, même le soleil est de sortie, décidemment aujourd’hui, tout s’annonce bien...me dis-je innocemment.
 

        Je me gare, decidée à prendre un ptit café avant d’aller m’enfermer au bureau, histoire de profiter des premières heures de cette décidemment belle journée. Je sors de la voiture, et l’idée me vient de prendre quelques notes en sirotant ledit café, il me faut donc mon sac.
 

        Et là, petite précision : mon « sac », en matière de poids, s’apparente nettement plus à une valise, gonflé qu’il est du PC, du gros dossier contenant les documents liés à la recherche en cours, d’un autre gros dossier contenant mes notes et commentaires et brouillons concernant ladite recherche, des éventuels bouquins assimilés, et des lunettes-stylos-carnets-agenda-et-autres-babioles, tous in-dis-pen-sa-bleuh bien sur. C’est plus fort que moi, si je ne transporte pas tout, j’ai l’impression que je ne vais rien faire, que je risque de manquer une occasion de bien utiliser mon temps, et autres angoisses complètement déprimantes du maniaque de l’efficacité de base. Au bas mot dix kilos donc. Soupir.       

        Mais bref, revenons à la voiture. J’en sors donc : un pied par terre, un second, tout va bien, j’attrape mon sac...et là, ce gros vicieux (le sac) va en partie se loger dans l’espace béant entre les deux sieges. La voiture est un peu haute, ce qui rend l’opération de sauvetage encore plus inconfortable. Plutôt que de re-grimper dans l’engin pour y soulever le sac et le libérer ainsi de l’emprise diabolique des deux sieges, comme toute personne logique-patiente-réfléchie le ferait, non-non, je préfère saisir les anses du sac de plus belle et tirer comme un veau ( ?). Le résultat de cette démonstration de force arrive vite : le sac-de-trois-tonnes reste coincé, mais moi je perds l’equilibre en continuant de tirer dessus, je pars donc en arrière. Dans un réflexe, désesperé mais tout à fait naturel, je me ressaisis vers l’avant...sauf qu’à l’avant il y a un obstacle : la voiture...et surtout l’arète de la portière (enfin du toit plutôt), que je me prends en plein elan en plein milieu du front, tandis que la portière vient se refermer sur moi. Sympathique coup de grâce.

    Bilan, je suis pliée de douleur sur un parking en pente, et finis de me remettre de mes émotions juste pour m’apercevoir que mon front a doublé de volume. Grand moment de solitude.

    J’ai gardé une magnifique bosse au milieu du front pendant une semaine...et une bosse qui fait mal.

 

Ce jour-là, j’ai abandonné l’idée du ptit café matinal.


Par Mathilde
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