Quand j’ai annoncé que j’allais vivre avec mon lui à deux amis...deux amis qui me connaissent bien, j’ai déclenché de part et d’autre une bonne grosse crise de rire. Le monsieur n’était pas en cause, non-non, mais la sentence est tombée en même temps que le mot :
« territoriale »
Qui ? Moi ?...
Moi. J’aime mon temps-à-moi-pour-moi, mes ptites habitudes...et mon espace. Surtout mon espace. Rentrer chez moi, poser mes affaires, et tout haut lancer aux murs un « aaaaarh, ça fait du bien d’être à la maiiiiison ! » en même temps qu’un bon gros soupir, qui vide mes poumons et tout mon corps de la journée qui vient de s’écouler....rien que d’y penser, je suis prôche de l’orgasme.
Ne pas avoir à prendre en compte la presence d’un autre est un luxe...qui n’est disponible que lorsque l’on vit seul, en tout cas dans mon cas, car je suis incapable de simplement ignorer la présence de l’autre et de faire comme s’il n’était pas là en me disant que je suis dans mon-appart-à-mouah. Non, c’est une illusion : quand on y vit à deux, ce n’est pas mon-appart-a-mouah, c’est notrappartanous. Deux réalités très différentes, deux luxes très différents.
Connaissant ce trait de ma personnalité, ces deux-là s’étaient donc fendus la poire pendant plusieurs bonnes minutes. Et j’avais suivi parce que leur etonnement et l’improbabilité de l’évènement me frappaient finalement autant qu’eux. Et je suis bon public (je ris à mes propres blagues, même seule, c’est pour dire).
C’était il y a deux ans et demi.

